J'avais jeté une bouteille à la mer
Glissé un petit mot
Avec mes déboires mes misères
J'trouvais ça rigolo
Histoire de jouer les corsaires
Moi simple matelot
Naufragé de la croisière
Echoué sur un îlot
Reverrai-je un jour la terre
Paris et son métro
D'Angers à St Nazaire
La Loire et ses bistrots
J'pensais pas qu'les sirènes
savaient lire les journaux
était-ce mon jour de veine
ou bien un rêve idiot
t'es sortie comme une reine
là au milieu des flots
ça f'sait comme un diadème
le soleil sur ta peau
je t'ai raconté toutes mes peines
ma vie mes p'tits boulots
c'était tout un poème
tu souriais à mes mots
je t'ai prise par la main
tu m'a pris par le cœur
ça paraissait humain
d's'offrir ces p'tits bonheurs
on a r'joué sur not'scène
Colombine et Pierrot
J'ai osé un " je t'aime "
En caressant ton dos
Ensemble on a construit
une espèce de rafiot
Bravant les interdits
Une barque qui prend pas l'eau
Qui court sur toutes les plages
Qui traverse les forêts
Où l'amour n'est pas sage
sans même un lit douillet
à travers le bocage
de Bretagne en Vendée
dans l'ciel quelques nuages
on les a, évités
on a r'monté la Loire
puis la Maine à Angers
on jurait qu'notre histoire
s'rait jamais terminée
on a connu des soirs
printemps, hiver, été
même que sans trop y croire
on parla de bébé
mais on r'fait pas l'histoire
v'là qu'j'me suis réveillé
avec dans la mémoire
le bouquin d'l'Odyssée
qui disait qu'les sirènes
vaut mieux les éviter
qu'leurs chants
racontent les peines
de tous les naufragés
Dans un dernier " je t 'aime "
J'ai caressé ton dos
On sait bien qu'les sirènes
Crèvent le cœur
Des matelots
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