J'ai l'âme vagabonde, en ces pays lointains.
Là où la pluie se mêle Aux sourires des lèvres,
Au goût des bords de mer, Là où je vis encore.
L'océan me sépare, Le climat, et les hommes.
Je partirai un soir, Inconnu dans la nuit,
Prendre un bain de jouvence, Le dernier de minuit,
Eclairé par la lune, Je jetterai mes rêves
A l'ouest de ma mémoire, Pour purger mes forfaits
Je vous écris d'un quai de brume
Ni train ni bateau ne s'arrêtent
Pas même en partance pour la lune
Pour bagage mon simple squelette
Vider mon compte en banque et tirer les volets
Eteindre sur la plage Le feu de ces étés
Balayer les nuages, Fermer les robinets
Oublier mes bagages et bercer le passé
Poser sur le fauteuil, Un drap de souvenir
Comme une parure de deuil, Ce qui m'a vu vieillir
Et que flotte mon cercueil vers cette île lointaine
Pour m'endormir au creux des bras d'une sirène
Je vous écris d'un quai de brume
Ni train ni bateau ne s'arrêtent
Pas même en partance pour la lune
Pour bagage mon simple squelette
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